La toute récente association FEFRRA vient de diffuser le projet de nouvelle règlementation radioamateur qui sera présenté le 6 mai prochain lors de la réunion où participerons à la fois le REF UNION et l’URC (l’union des radioclubs), afin de représenter les intérêts de leurs membres et celui des radioamateurs auprès de la DGE, de l’ANFR et de l’ARCEP.

A la lecture rapide du projet, pas de grands changements annoncés, bien malheureusement.

En effet s’il ne semble pas être envisagé la suppression de bandes radioamateurs (ouf!), il n’est pas proposé d’élargissement non plus (notamment demandée depuis des années sur le 7Mhz par les Dx’ers), et encore moins de nouvelles bandes de fréquences ou l’assouplissement et les restrictions en région pour la bande des 50MHz.

Le plus décevant, reste vraisemblablement, le projet d’article 6 qui maintient l’interdiction de connecter un réseau radioamateur à un réseau ouvert au public, un réseau indépendant, et par défaut le réseau Internet, le service de type Echolink ou la VoIP !

Cette réunion est une occasion de demander de préciser ce que signifie réseau ouvert au public ou réseau indépendant à l’heure du Web et de on développement planétaire, et qui n’existait pas sociologiquement, intellectuellement, légalement, à l’époque de la définition des grands principes de l’activité radioamateur.

Les arguments en faveur de l’autorisation de connecter une station radioamateur à un service radioamateur, maintenus par des radioamateurs licenciés, sur le réseau Internet sont nombreux :

– Le réseau Internet représente un terrain d’exploration et d’expérimentation extraordinaire, qui pourrait permettre d’intéresser les nouvelles générations et les plus expérimentés, pour s’apporter mutuellement.

– S’agissant d’un domaine (l’internet) qui n’a jamais pu être explorés et développer à l’instar d’autres pays, la communauté radioamateur est assez logiquement en retard sur les usages de l’Internet et les nouvelles pratiques radio qui pourraient en découler.

– Au même titre, que des lois et des dispositifs de désenclavement numérique sont adoptés par l’état ces dernières années, les radioamateurs ne peuvent pas être victime de discrimination en quelque sorte, du fait justement de leur statut et se voir interdire de connecter sa station radioamateur à Internet, sur un réseau privé qui plu est.

– Réseau Internet ne signifie pas, forcement, réseau ouvert au public ou indépendant, à la fois vu les possibilités légales et techniques pouvant permettre une authentification de manière sécurisé, via des accès de type VPN, de services de type EchoLink avec login et mot de passe ou en VoIP. En outre, une fois connecté à un réseau privé ou public, il est plus simple de surveiller les échanges, si le frein à cette autorisation est de ce coté là.

– Le fait d’autoriser la connexion d’une installation radioamateur à Internet, permettrait d’attirer une nouvelle génération pour le renouvellement des radioamateurs et la subsistance du radioamateurisme, dont la moyenne d’âge se situe entre 50 et 70 ans.

Le nombre de seniors âgés de 60 à 69 ans et connectés à Internet a été multiplié par 2 en 1 an seulement pour passer de 21% à 40%. Cependant, ce chiffre tombe à 11% pour les plus de 70 ans (Source Credoc janvier 08).

Les plus de 70 ans sont pourtant ceux qui ont le plus besoin d’équipement car ils représentent la population la plus isolée. Il y a pourtant des moyens simples avec des systèmes de téléalarme et d’insertion numérique pour vaincre cette solitude, comme le montre le succès de l’expérimentation M@D dans le département des Alpes Maritimes (partenariat DUI, Agence nationale des services à la personne).

– Enfin, il y a également une raison économique qui freine l’activité radioamateur. En effet du fait de sa rareté, le matériel radioamateur qu’il soit neuf, d’occasion ou de construction personnelle demande un investissement important pour les très jeunes radioamateurs afin de pouvoir s’équiper conformément à la règlementation.

Avec les possibilités liés aux nouvelles technologies, il est déjà possible de « dématérialiser » une partie de l’installation radioamateur et d’en réduire ainsi les coûts.

A noter que le REF UNION n’a pas communiqué ou rendu public un projet lisible pour les radioamateurs membres du REF UNION.

L’URC y rappellera ses doléances, pour revaloriser et redynamiser la radio d’amateur à savoir :

– la suppression des examens de la classe novice telle qu’ils sont organisés actuellement qui nivellent notre hobby vers le bas.
– l’ouverture et l’élargissement du 50 MHz.
– l’élargissement du 7 MHz.
– l’ouverture des services d’amateurs aux nouvelles technologies.
– le rétablissement des licences (ce qui semble déjà acquis).

La FEFRRA n’a, également, pas communiqué de projet concret outre le fait d’inviter les membres du REF UNION ou de l’URC « à réagir auprès de ces 2 associations, …, pour qu’elles entendent votre voix et qu’elles ne soient pas les seules à décider selon les humeurs de leurs responsables et de leurs administrateurs ».