OnAir : un logiciel SDR gratuit pour décoder 163 types de signaux radio dont MeshCore / Meshtastic

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logiciel decodage radio OnAir 3

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Le logiciel OnAir pourrait bien devenir un outil incontournable pour les SWL, passionnés de réception radio et de SDR (Software Defined Radio).

Gratuit et open source, disponible pour Windows 10/11 64 bits, Linux et macOS, il ambitionne de réunir dans une seule interface le décodage de nombreux signaux radio : FT8, DMR, ADS-B, AIS, DAB+, télévision numérique, transmissions satellites, Meshtastic et MeshCore, …

Dans sa version 3.4.0, publiée le 30 octobre 2026, OnAir annonce la prise en charge de 163 types de signaux, répartis en 15 catégories.

OnAir, un véritable couteau suisse pour la réception SDR

Développé comme un logiciel de réception et de décodage multimode, OnAir cherche à simplifier l’exploration du spectre radio.

Traditionnellement, un amateur de réception utilise différents logiciels selon les signaux recherchés : un programme pour l’ADS-B, un autre pour les modes numériques radioamateurs, un troisième pour les satellites ou encore un décodeur spécifique pour les réseaux LoRa.

OnAir propose de regrouper ces fonctions dans un environnement commun.

L’utilisateur sélectionne son récepteur SDR, choisit le mode à décoder et règle la fréquence. Le logiciel se charge ensuite du traitement du signal, de la démodulation et, lorsque le protocole est pris en charge, de l’interprétation des données reçues.

L’interface ne se limite pas à afficher du texte. Selon le mode, elle propose un spectre, une chute d’eau (waterfall), des informations techniques sur les transmissions, des tableaux de messages ou encore des cartes géographiques.

Des modes utiles pour les radioamateurs

Parmi les nombreuses fonctions annoncées, plusieurs méritent particulièrement l’attention :

  • Modes numériques radioamateurs : FT8, FT4, WSPR, JS8Call, RTTY, PSK31, CW et plusieurs autres modes de communication.
  • Radio numérique professionnelle : DMR, P25, NXDN, D-STAR, M17 et TETRA, avec des possibilités variables selon les protocoles et les codecs disponibles.
  • Réseaux LoRa : Meshtastic, MeshCore, LoRaWAN et réception de trames LoRa.
  • Aéronautique et maritime : ADS-B à 1090 MHz, ACARS, VDL2, AIS et plusieurs systèmes de navigation.
  • Radiodiffusion : FM avec RDS, DAB/DAB+, DRM et télévision numérique.
  • Satellites : réception et analyse de différents signaux de télémesure, ainsi que certains modes de transmission d’images météorologiques.

OnAir intègre également des outils d’analyse du spectre, d’enregistrement des signaux IQ et d’étude de modulations numériques.

Un point mérite toutefois d’être précisé : la présence d’un mode dans le logiciel ne signifie pas nécessairement qu’il est déjà parfaitement opérationnel sur des transmissions réelles. Le projet évolue très rapidement et certains décodeurs restent expérimentaux.

MeshCore : décoder un réseau LoRa directement avec un SDR

C’est probablement l’une des fonctionnalités les plus innovantes d’OnAir pour les utilisateurs de réseaux maillés LoRa.

MeshCore permet de créer des réseaux de communication autonomes, dans lesquels des nœuds peuvent échanger des messages sans dépendre des réseaux cellulaires. Des relais peuvent retransmettre les messages pour étendre la couverture.

Habituellement, pour consulter les échanges d’un réseau MeshCore, on utilise un équipement LoRa compatible, configuré avec le firmware et les paramètres du réseau.

OnAir propose une autre approche : écouter directement les transmissions radio à l’aide d’un récepteur SDR.

Le logiciel analyse le signal LoRa, reconnaît les trames MeshCore et présente les informations qu’il parvient à décoder dans une interface adaptée.

Il devient ainsi possible d’observer :

  • Les nœuds détectés et leurs identifiants.
  • Les messages des canaux publics accessibles en clair.
  • Les paquets de découverte et d’annonce.
  • Certaines informations sur les relais et les transmissions.
  • Les positions géographiques lorsqu’elles sont transmises et exploitables.

Cette réception est passive : OnAir n’a pas besoin de s’enregistrer comme un nœud MeshCore et ne participe pas au routage des messages.

Il ne remplace donc pas un terminal MeshCore pour communiquer. Son intérêt est plutôt de visualiser et d’analyser l’activité radio d’un réseau existant, sans nécessairement posséder un équipement LoRa dédié.

Les contenus chiffrés ne deviennent pas pour autant lisibles.

Test de décodage MeshCore avec un Icom IC-R8600

Thierry, a expérimenté le décodage du réseau MeshCore, ses captures montrent des messages reçus en direct et des nœuds radio positionnés sur une carte.

L’essai a été réalisé avec un récepteur large bande Icom IC-R8600, utilisé comme source SDR IQ dans OnAir 3.4.0.

Le logiciel est réglé sur 869,618 MHz, fréquence proposée par défaut pour le mode MeshCore dans OnAir.

Premier résultat : les messages MeshCore sont décodés

Messages MeshCore décodés par OnAir 3.4.0 à 869,618 MHz avec un Icom IC-R8600 — essai F4EGG.
Transmissions MeshCore à 869,618 MHz avec un Icom IC-R8600. L’interface affiche les messages reçus et les nœuds détectés.

La première capture montre que le logiciel reconnaît les trames MeshCore et affiche les messages dans son interface de discussion.

On distingue notamment deux nœuds identifiés comme FR05-ROBIN et FR05-BENI.

Le compteur indique cinq messages reçus, avec plusieurs trames d’annonce et de discussion enregistrées. 

Le logiciel présente également le type des paquets, avec des entrées telles que GRP_TXT pour les messages de groupe et ADVERT pour les annonces de nœuds.

Ce résultat est intéressant car il démontre que le décodage ne se limite pas à détecter la présence d’un signal LoRa : OnAir parvient à reconnaître les structures du protocole MeshCore et à restituer des messages en clair.

Deuxième résultat : les nœuds apparaissent sur une carte

Visualisation de deux nœuds MeshCore dans la région de Briançon, avec un fond cartographique OpenStreetMap.

Deux nœuds sont visibles dans le secteur de Briançon et Saint-Chaffrey, dans les Hautes-Alpes.

L’interface associe les identifiants reçus aux positions géographiques disponibles. La carte permet ainsi de visualiser les stations qui publient leurs coordonnées.

Attention cependant : il ne s’agit pas de radiogoniométrie. OnAir n’a pas déterminé la position des émetteurs à partir de leur signal radio. Il exploite les informations de localisation transmises par le réseau.

De même, l’indication de plusieurs hops sur un message représente une information de cheminement dans le réseau maillé, et non le nombre de relais que le récepteur SDR aurait lui-même reçus.

Une validation terrain intéressante

La documentation officielle d’OnAir précise que son décodeur MeshCore a été contrôlé avec des signaux générés pour les tests, notamment en présence de perturbations simulées.

Les essais de Thierry apportent donc un complément utile : ils montrent une réception effective de trames MeshCore sur une fréquence utilisée par un réseau réel, avec un matériel de réception du commerce.

Cela ne constitue pas encore une validation complète du décodeur, notamment pour les signaux très faibles, les réseaux chargés ou toutes les variantes de configuration. Mais c’est déjà un résultat intéressant.

Autre détail intéressant : le support natif de l’Icom IC-R8600 a été ajouté dans OnAir 3.2, avec un pilote IQ spécifique. Ce pilote est encore présenté comme nécessitant davantage d’essais sur du matériel réel.

Comment essayer le décodage MeshCore avec OnAir ?

Pour reproduire une réception similaire, il faut un ordinateur, un récepteur SDR compatible et une antenne adaptée à la bande utilisée.

Le paramétrage de départ indiqué par la documentation d’OnAir est le suivant :

Paramètre Réglage
Mode MeshCore / LoRa Mesh
Fréquence initiale 869,618 MHz
Largeur du canal 250 kHz
Échantillonnage recommandé 2 Méch/s (2 Msps)
Échantillonnage minimal indiqué 1 Méch/s
Réception Passive, sans émission

Ces valeurs correspondent au préréglage MeshCore d’OnAir. Il faut bien entendu utiliser les paramètres radio correspondant au réseau que l’on souhaite observer.

Après avoir installé le logiciel On-Air, connectez et sélectionnez le récepteur SDR dans la rubrique Source.

Recherchez ensuite le mode MeshCore dans la catégorie des objets connectés et capteurs (IoT et capteurs), puis vérifiez la fréquence.

Une fois la réception lancée, les onglets Nodes, Chat, Packets et Map permettent d’examiner les résultats.

L’absence de messages ne signifie pas automatiquement que le décodeur ne fonctionne pas. Il faut également qu’une transmission soit présente, suffisamment puissante et compatible avec les paramètres de réception.

Une antenne adaptée à 868–870 MHz, placée dans de bonnes conditions, sera généralement beaucoup plus utile qu’une augmentation excessive du gain SDR.

Attention également aux amplificateurs : un gain trop élevé peut saturer le récepteur en présence de signaux voisins puissants et dégrader le décodage plutôt que l’améliorer.

Quel matériel SDR pour utiliser OnAir ?

OnAir annonce la compatibilité avec plusieurs familles de récepteurs, notamment RTL-SDR, SDRplay, Airspy, HackRF, PlutoSDR, BladeRF et LimeSDR, ainsi qu’avec certaines sources IQ accessibles par le réseau.

Pour simplement écouter les transmissions MeshCore, un récepteur SDR d’entrée de gamme couvrant 869 MHz peut suffire. Il n’est pas nécessaire de disposer d’un appareil aussi élaboré que l’Icom IC-R8600.

Les clés RTL-SDR compatibles constituent une solution économique pour découvrir le décodage LoRa. Leur bande passante et leur dynamique restent cependant limitées par rapport à des récepteurs plus évolués.

Pour une utilisation plus polyvalente, le SDRplay RSP1B disponible chez Passion Radio couvre les fréquences de 1 kHz à 2 GHz, avec un convertisseur 14 bits et jusqu’à 10 MHz de bande passante instantanée.

Ses caractéristiques matérielles conviennent donc à l’observation des transmissions sur 869 MHz, mais la compatibilité pratique avec OnAir dépend également de l’installation des pilotes et de l’API SDRplay.

OnAir 3.4 : des fonctions qui dépassent le simple décodage

Le projet ne s’arrête pas à la réception locale des transmissions.

La version 3.4 introduit notamment une interface OnAir Web permettant de partager l’accès à un récepteur via un navigateur. Le propriétaire peut également choisir de référencer son récepteur dans un annuaire public.

C’est une possibilité intéressante pour les clubs radioamateurs, les installations de réception distantes ou les utilisateurs souhaitant observer l’activité radio d’un autre site, sous réserve de bien contrôler les accès, les informations partagées et de respecter la règlementation en la matière.

OnAir propose également des fonctions d’enregistrement et d’analyse IQ, particulièrement utiles pour conserver un signal difficile à décoder, revenir sur une transmission ou fournir un échantillon aux développeurs.

Le projet est distribué sous licence libre GPL-3.0-or-later. Il fonctionne sur Windows 10/11 64 bits, Linux et macOS.

Un logiciel prometteur, encore jeune

Le rythme de développement d’OnAir est particulièrement rapide : de nombreuses fonctions et de nouveaux modes de décodage ont été ajoutés en quelques semaines.

C’est à la fois sa force et le principal point de vigilance.

L’équipe du projet reconnaît que les modes ne bénéficient pas tous du même niveau de validation. Les standards de radiodiffusion les plus courants ont été davantage testés sur des signaux réels, tandis que plusieurs protocoles plus spécialisés reposent encore principalement sur des essais avec des signaux générés.

Il faut également tenir compte de la configuration matérielle. Un décodeur de télévision numérique nécessitant une large bande passante ne pourra pas forcément fonctionner avec une petite clé RTL-SDR. De même, le décodage audio de certains modes numériques professionnels exige des codecs qui ne sont pas inclus dans le logiciel.

OnAir ne doit donc pas encore être considéré comme une solution universelle et éprouvée pour l’ensemble de ses 163 modes.

Pour l’expérimentation SDR, l’analyse de protocoles et la découverte de nouvelles applications radio, son approche reste néanmoins particulièrement intéressante.

Merci à Thierry pour le partage de ses captures et de ses premiers essais de décodage MeshCore avec OnAir.

Liens et sources

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La rédaction de Passion-Radio.org publie depuis 2007 des actualités et informations consacrées à la radiocommunication, SDR, modes numériques et technologies radios associées. Les informations publiées sont vérifiées à partir de sources officielles, fabricants et retours d’expérience radioamateurs. Les articles sont validés humainement, sous la supervision de David F1JXQ.

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