PSKReporter prépare sa plus importante modernisation avec près de 70 milliards de rapports

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nouveau psk reporter la proposition de Passion Radio

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PSKReporter, l’outil le plus utilisé pour savoir où un signal radioamateur de type FT8/FT4 est reçu, prépare une modernisation majeure de son infrastructure.

L’annonce a été publiée le 14 septembre 2026 par l’Open Research Institute, qui accompagne PSKReporter en tant que sponsor. La transformation se fera par étapes afin de conserver le service opérationnel pendant la migration.

Au-delà de la modernisation technique, la troisième phase est particulièrement intéressante : une nouvelle interface cartographique et une base spécifiquement conçue pour les données temporelles pourraient à terme faciliter beaucoup plus qu’une simple consultation de ses spots FT8.

L’équipe lance également un appel aux contributeurs et sera à Pacificon Californie 2026, du 16 au 18 octobre pour présenter le nouveau projet.

Disclaimer : l’illustration de cet article est une proposition purement spéculative réalisée par Passion Radio afin d’illustrer ce que pourrait permettre, à terme, une infrastructure PSKReporter modernisée. Elle ne constitue ni un leak, ni une capture officielle, ni une proposition émanant de PSKReporter ou de ses équipes.

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Une infrastructure radioamateur à très grande échelle

Le principe de PSKReporter reste simple : des logiciels de réception comme WSJT-X transmettent automatiquement les signaux numériques qu’ils ont décodés, avec notamment l’indicatif, la fréquence, le mode, le locator, l’heure et la station réceptrice.

Un radioamateur lançant un CQ en FT8 peut ainsi constater quelques minutes plus tard qu’il a été entendu à 200 km, 2 000 km ou 10 000 km. Passion Radio avait d’ailleurs déjà présenté PSK Reporter comme outil de suivi de propagation DX dès 2010.

Mais derrière cette carte apparemment simple se trouve aujourd’hui une infrastructure considérable.

Selon l’Open Research Institute, la base principale contient près de 70 milliards de rapports de réception, un chiffre qui continue d’augmenter et qui explique pourquoi le projet doit progressivement migrer vers une architecture plus moderne, mieux sécurisée et surtout mieux adaptée à cette masse de données.

L’infrastructure actuelle repose notamment sur Perl, Redis et MySQL et a été développée et maintenue pendant des années principalement par Philip Gladstone, N1DQ, créateur de PSKReporter.

Le FT8 représente aujourd’hui de très loin la plus grosse partie de l’activité visible sur le service. Les statistiques PSKReporter permettent de suivre en temps réel le nombre de rapports générés par les différents modes numériques. Les modes digitaux comme FT8, FT4, se prêtent particulièrement bien à ce type d’observation automatisée mais génèrent énormément de données à pouvoir analyser en masse.

Une migration en trois phases

L’équipe constituée autour de Philip Gladstone, Vijay et Joni a choisi une migration progressive plutôt qu’une réécriture complète du service. Le fonctionnement actuel doit être conservé pendant que les différents composants sont remplacés.

Phase 1 : conteneuriser PSK Reporter et changer de matériel

La première étape consiste essentiellement en un « lift and shift » : déplacer le logiciel existant vers du nouveau matériel en le faisant fonctionner dans des conteneurs.

Pour l’utilisateur, PSKReporter ne doit donc pas changer immédiatement.

En revanche, cette nouvelle organisation doit faciliter le déploiement, les sauvegardes et la maintenance. La configuration est également nettoyée et la sécurité renforcée.

Une évolution moins visible mais probablement tout aussi importante est la création d’un véritable environnement de développement séparé de la production.

Jusqu’à présent, PSK Reporter était largement associé à une infrastructure maintenue par une seule personne. Un environnement de développement permettra à plusieurs contributeurs de tester des évolutions sans risquer de perturber le service utilisé quotidiennement par des milliers de radioamateurs dans le monde.

Phase 2 : sauvegardes, performances et observabilité

La deuxième étape concernera davantage l’exploitation du service :

  • sauvegardes automatisées
  • renforcement supplémentaire de la sécurité
  • optimisation des performances
  • métriques
  • tableaux de bord permettant de surveiller l’état du système

C’est ce que les administrateurs système appellent généralement l’observabilité : plutôt que d’attendre qu’un utilisateur signale qu’une requête devient lente ou renvoie une erreur, l’équipe peut surveiller directement la charge des serveurs, la latence, les erreurs ou la croissance des bases de données.

Pour un service recevant continuellement des millions de nouveaux spots, cette évolution est loin d’être cosmétique.

Phase 3 : nouvelle carte et base de données time-series

C’est probablement la partie qui sera la plus visible pour les utilisateurs.

Pour la troisième phase est notamment prévu un nouveau frontend basé sur une carte ainsi qu’une base de données spécifiquement adaptée aux séries temporelles.

Une base time-series est optimisée pour manipuler des mesures associées à une date et une heure.

Or un rapport PSK Reporter correspond précisément à ce type de donnée :

une station A → reçue par une station B → sur telle fréquence → avec tel mode → à tel instant.

Avec plusieurs dizaines de milliards de ces événements, on ne s’intéresse plus seulement à un spot isolé. On peut commencer à chercher des tendances dans le temps.

Et c’est là que cette modernisation pourrait devenir particulièrement intéressante pour la visualisation et l’étude de la propagation radio.

Observer une ouverture de propagation heure par heure

Sur 10 mètres ou 6 mètres, par exemple, on pourrait représenter le nombre de chemins radio observés entre plusieurs régions au cours d’une journée.

Une ouverture pourrait apparaître progressivement :

  • 08 h : essentiellement Europe
  • 10 h : Méditerranée et Afrique du Nord
  • 12 h : apparition de stations d’Amérique du Sud
  • 15 h : ouverture vers l’Amérique du Nord

Ce genre de visualisation rendrait immédiatement compréhensible un phénomène de propagation qui est beaucoup moins évident avec une simple liste de spots.

Comparer plusieurs périodes de l’année

Une base historique facilement interrogeable permettrait également d’étudier une bande sur plusieurs semaines ou plusieurs mois.

Par exemple :

À quelles heures le 10 mètres ouvre-t-il le plus souvent entre la France et le Japon en octobre ?

Ou encore :

Comment évolue l’activité FT8 européenne sur 6 mètres entre mai et juillet ?

Il faudrait naturellement tenir compte de nombreux biais : le nombre de stations actives varie, les récepteurs ne sont pas répartis uniformément et PSKReporter mesure avant tout ce que les stations participantes décodent, pas directement l’état physique de l’ionosphère.

Mais avec suffisamment de précautions statistiques, l’ensemble constitue une source de données radio « big data » particulièrement intéressante.

Comparer deux antennes avec PSKReporter ?

C’est également tentant, mais il faut rester prudent.

Supposons qu’un radioamateur émette alternativement avec une verticale et un dipôle et compare ensuite les rapports FT8.

PSKReporter permet déjà d’obtenir des indications intéressantes : nombre de stations ayant reçu le signal, distances, directions ou niveaux signal/bruit lorsque ceux-ci sont disponibles.

Mais une différence observée n’est pas automatiquement causée par l’antenne.

Entre les deux mesures peuvent changer :

  • la propagation
  • le fading
  • le bruit chez les correspondants
  • le nombre de stations connectées
  • la puissance réellement envoyée
  • les conditions ionosphériques

Une comparaison sérieuse nécessiterait beaucoup d’échantillons et un protocole aussi reproductible que possible.

Avec une base temporelle plus facilement exploitable, il deviendrait en revanche possible de construire des comparatifs sur des centaines ou milliers de transmissions plutôt que sur quelques CQ.

FT8 : bientôt une visualisation live de la propagation ?

PSKReporter est souvent utilisé de manière très simple :

« Je viens d’émettre, où suis-je entendu ? »

Mais les milliards de rapports accumulés peuvent être vus autrement : comme un gigantesque réseau mondial de capteurs radio distribués.

Chaque station recevant du FT8, du FT4, du WSPR ou d’autres modes apporte une petite mesure supplémentaire.

Une infrastructure historique plus performante pourrait permettre de combiner ces données avec d’autres paramètres : heure locale, lever et coucher du soleil, position du terminateur jour/nuit, bande utilisée ou données d’activité solaire provenant d’autres sources.

On commencerait alors à obtenir de véritables tableaux de bord de propagation basés sur des observations réelles.

Expériences et comparatifs d’antennes

Des séries de mesures suffisamment longues pourraient également compléter des comparatifs d’antennes, à condition de mettre en place un protocole rigoureux et de tenir compte des nombreux facteurs extérieurs.

Ce serait enfin une source particulièrement intéressante pour réaliser des datavisualisations pédagogiques expliquant le cycle jour/nuit, les ouvertures DX ou les variations de propagation selon les bandes.

Recherche de nouveaux contributeurs

Cette modernisation n’est pas portée uniquement par Philip Gladstone. L’objectif est justement de transformer progressivement PSKReporter en projet pouvant être maintenu par une communauté plus large.

L’équipe recherche notamment des bénévoles ayant des compétences en développement logiciel et maintenance d’infrastructure. Le projet bénéficie également d’un soutien financier de la Northern California DX Foundation (NCDXF).

L’équipe PSKReporter doit présenter le projet lors de Pacificon 2026, organisé du 16 au 18 octobre à San Ramon, en Californie, et qui pourrait apporter davantage de détails techniques sur la future architecture et interface.

Ainsi, le projet pourrait évoluer d’un excellent outil permettant de répondre à « où mon signal est-il reçu ? » vers une plateforme beaucoup plus riche permettant d’observer comment la propagation radio évolue dans le temps et en temps réel.

Et vous, qu’imaginez-vous ou quelle fonction aimeriez-vous trouver sur le prochain nouveau PSK Reporter ?

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La rédaction de Passion-Radio.org publie depuis 2007 des actualités et informations consacrées à la radiocommunication, SDR, modes numériques et technologies radios associées. Les informations publiées sont vérifiées à partir de sources officielles, fabricants et retours d’expérience radioamateurs. Les articles sont validés humainement, sous la supervision de David F1JXQ.

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