Aujourd’hui est un jour particulier, non seulement c’est la veille de Noël, mais c’est aussi la date de diffusion du 9ème et dernier épisode de la saison 1 de Pluribus, la nouvelle série de science-fiction créée par Vince Gilligan, oui, le génie derrière Breaking Bad et Better Call Saul.
Et pour une fois dans l’histoire des séries apocalyptiques, la radioamateur n’est pas un simple accessoire de décor…
L’histoire : quand le bonheur devient une menace
Dans un futur proche, un virus d’origine extraterrestre frappe la Terre. Mais contrairement aux scénarios classiques, ce virus ne tue pas : il unit l’humanité entière dans une conscience collective pacifique et heureuse. Plus de conflits, plus de violence, plus de souffrance individuelle. Le « Joining », comme on l’appelle, semble être l’utopie parfaite.
Le « Joining » (littéralement « la jonction » ou « la fusion ») désigne dans Pluribus l’événement cataclysmique qui a transformé l’humanité. Tout commence lorsque des satellites captent un signal radio extraterrestre provenant de Kepler-22b, une exoplanète située à environ 600 années-lumière de la Terre.
Ce signal, répété toutes les 78 secondes, contient une séquence d’ARN. Une fois décodée et synthétisée, cette séquence agit comme un virus biologique qui « connecte » les esprits humains entre eux.
En quelques instants, près de 8 milliards d’individus fusionnent en une seule conscience collective : Les « Autres » (« the Others »). Les personnes « jointes » partagent pensées, émotions et décisions. Elles ne connaissent plus la violence, la jalousie ni le conflit. Mais elles perdent aussi leur individualité : il n’y a plus de « je », seulement « nous, on » omniscient et bienveillant, dans un monde où tout le monde est devenu… tout le monde.
Au milieu de ce nouveau monde, Carol Sturka (interprétée par Rhea Seehorn), romancière cynique d’Albuquerque spécialisée dans les romans d’amour, se retrouve immunisée contre le virus. Elle fait partie d’une poignée de survivants, seulement 12 personnes dans le monde, qui refusent ou ne peuvent pas rejoindre la ruche. Pour Carol, cette harmonie forcée est une abomination, et elle cherche désespérément un remède pour restaurer l’humanité telle qu’elle était.
Manousos : un radioamateur au cœur de l’intrigue
C’est là que notre passion entre en scène. Dans les épisodes 4 et 6, la série nous présente Manousos (interprété par Carlos-Manuel Vesga), un survivant basé au Paraguay. Et Manousos n’est pas n’importe quel personnage : c’est un radioamateur, et la série le montre vraiment en action.
On le voit passer de longues heures devant sa station, balayant méthodiquement les fréquences, prenant des notes dans ses carnets, barrant les fréquences une par une. Un travail de patience et de méthode que tout OM reconnaîtra immédiatement.
Une station Kenwood TS-940S en vedette
Et le matériel affiché à l’écran ? Pas un accessoire approximatif comme on en voit trop souvent. Manousos opère sur un magnifique ensemble Kenwood TS-940S, le transceiver HF légendaire des années 80-90, que la caméra nous montre en gros plan. Cette base décamétrique mythique, avec sa couverture de 160 à 10 mètres, son récepteur à couverture générale de 150 kHz à 30 MHz, et sa puissance de 100 watts, reste une référence pour les communications longue distance.
La station est complète et correctement utilisée : micro branché, antenne connectée, tout le setup qu’un vrai opérateur attendrait. Pour ceux qui ont l’œil aiguisé sur ces détails, c’est un vrai régal pour les yeux d’un passionné.
Enfin du réalisme radio-amateur dans une série !
Combien de fois avons-nous levé les yeux au ciel devant les représentations de la radio amateur dans les films et séries post-apocalyptiques ? Trop souvent, le matériel radio n’est qu’un élément de décor mal utilisé : un micro dans lequel on parle et qui n’est pas branché, un poste VHF utilisé pour des « contacts intercontinentaux », ou encore une antenne absente du shack. Le matériel est présent mais n’a aucun sens technique, et ne joue que très rarement de rôle significatif dans l’histoire.
Pluribus change la donne. Non seulement la série s’attarde sur le matériel, que l’on voit en détail dans des plans soignés, mais elle donne à l’activité radioamateur un rôle narratif important pour l’énigme. Les épisodes 4 et 6 laissent clairement entendre que les découvertes de Manousos sur les ondes pourraient être décisives pour le dénouement de l’histoire.
8613 kHz : la fréquence de tous les mystères
Au cœur de l’intrigue radio de Pluribus se trouve une fréquence : 8613.0 kHz. Alors que toutes les autres fréquences ne renvoient que du bruit statique, celle-ci émet un signal différent, des battements et cliquetis constants, presque industriels, impossibles à déchiffrer.
Cette fréquence en bande HF (8,6 MHz se situe parfaitement dans la plage de propagation longue distance nocturne, entre 3 et 10 MHz) n’est pas choisie au hasard. Vince Gilligan, on le sait depuis Breaking Bad, ne laisse jamais rien au hasard.
La communauté de fans s’est déjà emparée du mystère. Sur Reddit, une théorie intéressante suggère que la conscience collective des « Autres » fonctionne via des ondes HF. L’épisode 8 renforce cette hypothèse : Zosia explique à Carol que la ruche communique via le champ électromagnétique naturel du corps humain, un champ que les récepteurs radio peuvent capter, même si ce n’est pas leur fonction première.
Manousos : l’esprit radioamateur incarné
Pour les amateurs de radio que nous sommes, Manousos incarne un aspect fondamental de l’esprit OM : établir un contact et entraider. Sur les 12 survivants immunisés dispersés dans le monde, il est celui qui passe ses journées à scanner les fréquences, à chercher inlassablement un signal, une voix, une preuve qu’il n’est pas seul. Quand il découvre les vidéos de Carol, il n’hésite pas : il quitte immédiatement son refuge au Paraguay pour traverser deux continents et la rejoindre.
Avec également une mentalité d’indépendance farouche, la capacité à rester des heures concentré sur les fréquences, et une méfiance naturelle envers les systèmes centralisés… Ça ne vous rappelle rien ?
Le radioamateur, par essence, est celui qui maintient des réseaux de communication indépendants, qui refuse de dépendre uniquement des infrastructures établies, qui sait que les ondes traversent les frontières et les systèmes de contrôle.
Épisode 9
L’épisode 9 et final de la saison 1, intitulé « La Chica o El Mundo » (La fille ou le monde), sort aujourd’hui, le 24 décembre 2025, sur Apple TV+. Le synopsis officiel nous promet que Manousos arrive enfin à Albuquerque pour rencontrer Carol, et que « des complications s’ensuivent ».
Après des épisodes à développer parallèlement les arcs de Carol et Manousos, le final devrait enfin les réunir.
Une saison 2 est déjà confirmée, et Vince Gilligan a évoqué la possibilité de poursuivre l’histoire sur 4 saisons. L’équipe d’écriture est déjà au travail depuis fin octobre 2025.
Les notes de la série
• AlloCiné : 7.8/5
• IMDb : 8.2/10
• SensCritique : 7.5/10
Et vous, vous avez regardé ?
Pluribus est disponible en intégralité sur Apple TV+ ou via un abonnement Canal+. Si vous l’avez vue, dites-nous en commentaire ce que vous en avez pensé !
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